Chère famille ,
Voilà maintenant 4 mois que nous avons débarqué en Tunisie.
Si l'emménagement a été assez rapide (après les péripéties de la caisse maritime qui a failli finir son voyage en Espagne), la mise en route a été plus difficile : inscription à l'école, réparation de la ligne téléphonique, demande d'accès Internet, recherche d'une femme de ménage, procurations de vote ... et autres formalités et démarches qui sont le lot de tous ceux qui déménagent même si Arnaud en avait déjà réglées un certain nombre à l'automne dernier. Nous commençons enfin à nous "poser" un peu et nous apprécions ce moment de calme après quelques mois de va-et-vient, et nous en profitons donc pour nous promener pour découvrir ce nouveau pays
Ce premier trimestre a été marqué par des visites, toutes aussi sympathiques les unes que les autres.
Après le départ de Aude (sœur d’Arnaud venue nous aider à emménager ) mi-février, avec qui nous avons découvert Nabeul, Hammamet et Tunis, le parrain de Blandine et sa femme ont eu l'excellente idée de venir passer une semaine en Tunisie. Leur hôtel à Mahdia nous a permis, en allant les rejoindre, de " pousser " pour la première fois en famille plus loin qu’Hammamet : c’est ainsi que nous avons traversé de vastes plantations d’oliviers, vu surgir au loin le Colisée d’El Jem, pour découvrir enfin Mahdia, un charmant village
de pêcheurs, charme multiplié par la présence de nos amis.
Puis Pierre-Louis et Jeanne, accompagnés de leurs trois aînés, nous ont fait la grande joie de passer une semaine entière en notre compagnie. Cela nous a permis de passer une très bonne fin de semaine sainte et une belle fête de Pâques.
En leur compagnie, les visites se sont multipliées : le centre de Tunis (son parc et sa médina) et le Cap Bon (Nabeul, Kelibia...) n’ont presque plus de secret pour nous. Pas plus que Carthage (passage obligé), Sidi-Bou-Said (maisons blanches aux huisseries bleues ) ou La Marsa (plage), les banlieues tunisoises... nous avons exploré jusqu’à Bizerte, dernière place française en Afrique du Nord, petite ville très agréable, d’autant plus qu’elle n’est pas (encore) apprêtée pour le tourisme.
Enfin nous avons eu la visite surprise de Stéphane (parrain de Paul-Déodat), courte mais ô combien sympathique.
De notre côté, nous avons profité d’un week-end prolongé en mars pour aller explorer la frontière algérienne à Tabarka et la Kroumirie (relisez les insultes du capitaine Haddock), qui constitue le plus haut massif montagneux de Tunisie (il y neige régulièrement, et à quelques heures près nous aurions pu y goûter) : une boucle qui nous a fait découvrir une Tunisie insoupçonnée, très verte et humide, avec des paysages alpins. Il est vrai toutefois que ce pays constituait le grenier à blé de l’empire romain. Quelques jours plus tard, la fête du " mouled " (naissance de Mahomet) nous a donné l’occasion d’aller à Korbous (côte nord du Cap Bon, qui fait face à Carthage ) ; nous n’avons pas encore trouvé les sources d’eau chaude qui font la réputation du village, mais nous y retournerons.
Nous avons eu également la chance de faire la connaissance d’expatriés français a la sortie d’une Messe. Comme souvent ici, le contact entre catholiques est très facile, qui plus est entre français. Cela s’est traduit par une invitation à un pique-nique qui nous a permis, outre cette rencontre, de découvrir le site romain de Oudna (villas, temple et cirque ) et l’aqueduc très bien conservé de Zaghouan.L’équilibre se fait doucement. De toutes façons il le faut puisque ça y est : l’été est arrivé : maintenant il fait plus de 30°C à l’ombre, 45°C au soleil. On va pouvoir sortir les maillots de bain, les lunettes de soleil et les ventilateurs. Nous allons nous enfoncer plus avant dans le dépaysement ... avant de venir respirer le doux climat de France pendant les vacances d’été. Nous serons sans doute requinqués pour attaquer une nouvelle année scolaire et découvrir le ramadan. Nous vous raconterons, à moins que vous veniez voir de vos propres yeux.
Comme vous l’avez compris, le climat tunisien qui avait incité l’implantation de l’empire romain a aussi permis la conservation des vestiges romains et puniques. Nous n’en avons pour l’instant visité qu’une infime partie, même si nous sommes passés devant les principaux. Leur distance relativement faible (environ une heure de route en général) nous permettra de les découvrir peu à peu. Les perspectives de visite vont aussi se tourner de plus en plus vers le Sud, littoral (Sousse, Sfax et Djerba) et continental (Kairouan, Douz et Tozeur, portes du désert, Tataouine et les oasis). Nous attendons d’abord le premier anniversaire d’Eloi et la saison fraîche (et non touristique ! ! !).
Si nous profitons des rares moments libres d’Arnaud pour nous évader en famille, la vie quotidienne à Tunis s’organise. Chacun prend ses marques dans la nouvelle maison, qui, il est vrai, offre suffisamment d’espace pour que chacun y trouve son compte, et où les bougainvillées et autres fleurs apportent leur note dépaysante.
Paul-Déodat et Pierre-Benoît prennent chaque matin le chemin de leur nouvelle école ( les autres aussi d’ailleurs) : il s’agit d’un jardin d’enfants ( = école maternelle) tunisien où nous espérons qu’ils s’initient au dialecte tunisien et acquièrent quelques rudiments d’arabe. Le temps qu’il leur reste s’écoule dans le jardin, qui offre bien plus de possibilités que celui de Niort. Pierre-Benoît soigne les tortues pendant que Paul-Déodat découvre quantités de trésors en tout genre. Nous avons fêté les trois ans de Pierre-Benoît en mars et nous attendons les deux ans de notre demoiselle.
Blandine imite ses grands frères mais sait également mener une vie très indépendante. Elle attend patiemment de pouvoir entrer à l’école ou au moins à la garderie : pour l’heure elle ne manque pas une occasion d’aller jouer chez la voisine sénégalaise ou chez sa nouvelle amie Sigolène. A la maison, elle veille sur son petit frère, joue aux jeux de ses frères ( qu’elle a en général très bien observés) ou disparaît dans le jardin avec une pelle, un seau et un tracteur. Elle n’a pas sa langue ( ni ses oreilles) dans sa poche et s’exprime avec beaucoup d’aplomb et d’humour.
Enfin notre gros bébé prospère doucement mais sûrement ; nous avons déjà atteint les six mois, et notre Eloi commence à se tenir assis et à manger des purées. Il aime rire et dormir, faire des câlins et du sport, et ne se lasse pas de tenir compagnie à l’un ou l’autre de ses frères et sœur. C’est vraiment un bonhomme sympa qu’on n’entend presque pas pleurer mais plutôt gazouiller ( il aime faire la perruche à 6 heures du matin).
Maya finit par s’y retrouver pour faire les courses. Certes il existe un Carrefour et un Géant (pour l'ensemble du territoire), mais il faut compter une demi-heure de voiture ( aller simple, aux heures creuses), un jour où elle a la voiture. Les commerces de proximité sont nombreux et variés : il suffit de connaître ses commerçants pour savoir ce qu'on trouve de mieux chez l’un ou chez l’autre. Nous faisons donc la tournée poissonnerie-boucherie-fruits&légumes-épicerie-papeterie.... et un p’tit tour à Monoprix de temps en temps. Nous avons enfin une "employée de maison" qui fait, ô merveille, tout le ménage et tout le repassage chaque semaine. Cela lui permet de n’avoir plus qu’à gérer le petit monde qui attend le retour de papa.
Soyez les bienvenus chez nous,
Arnaud et Maya
Paul-Déodat
Pierre-Benoît
Blandine
Eloi