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Gauhar au mouillage des Souzeaux !

C'est aux toutes premières lueurs de l'aube, sous une lune presque pleine reflétée sur la houle et découpant les ombres de la côte, que le bateau est entré sous spi dans la baie de Bourgneuf. On a goûté les dernières heures de barre en comptant les cailloux familiers, les Boeufs, le Pilier, le Sécé, Martroger, la Blanche, Pierre Moine, le Cob, avant d'aller mourir vent debout dans un arrondi parfait sur la bouée du coffre, dans la dernière rangée du mouillage forain du bois de la Chaize. L'équipage unique a enroulé un tour mort et deux demi-clés autour de la bite, ferlé la toile, écopé les fonds et tendu le taud sur le cockpit avant de poser le pied dans la prame qui l'a déposé en quelques coups d'aviron sur le sable, humide de la rosée du matin et de la marée descendante. Car on a loupé l'heure de la haute mer pour embouquer le chenal des Sables. Il faudra attendre encore l'après-midi pour se présenter au jury... On en profite pour rêvasser aux moments forts de la course.

C'est vrai qu'on a passé beaucoup de temps à étudier la météo. Mais c'est un jeu de stratégie, non ? où la réussite consiste à voir trois coups à l'avance là où se trouvera le meilleur vent et chercher à positionner son bateau précisément à cet endroit. C'est vrai qu'on s'est beaucoup levé la nuit comme les vrais solitaires, et que personne n'était là pour grogner qu'on le dérangeait avec un jeu stupide... Mais on a quand même loupé deux magnifiques occasions de prendre encore de l'avance. Une première fois à doubler la Nouvelle Zélande au nord de l'île Auckland, quand, pour un petit degré d'erreur de cap, on s'est fourvoyé dans l'oeil d'une dépression qui aurait pu nous propulser en avant, dans le système météo précédent. Une autre fois juste après le cap Horn, on a laissé passer le détroit de Le Maire et on s'est réveillé trop tard, on a dû contourner entièrement l'île des Etats avant de pouvoir revenir à l'ouest attraper une autre dépression, celle qui nous a emportés, mais un peu tard, vers le nord. En y repensant, on aurait pu se retrouver dans le peloton qui est arrivé il y a déjà deux jours... C'est vrai aussi qu'on a plutôt fait passer au deuxième plan ses occupations habituelles, sans les délaisser pour autant puisqu'elles se prêtent à l'humeur vagabonde, aux sursauts de réactivité, à l'inspiration du moment. C'est ça, être passionné...

On a appris à utiliser les petits défauts du jeu : rester entre deux carrés quand il s'agit de faire un cap plein sud, plein ouest ou plein nord, parce qu'on peut ainsi profiter des meilleurs vents de chaque rangée ; anticiper le changement de voilure et de cap trente secondes avant le changement de carte météo, afin de ne pas se laisser piéger dans le pataques du serveur. On a appris à se servir de voiles dont on n'avait jamais soupçonné l'existence. On a cru ressentir le frisson de la tempête quand le bateau n'acceptait plus qu'une voilure ridiculement réduite alors qu'on continuait à afficher des vitesses inédites, jusqu'à plus de 26 noeuds. On a vainement tenté le record des 24h, resté largement hors d'atteinte puisqu'on n'a obtenu qu'un score de 528 milles. On a à l'occasion pesté de se retrouver englué dans le tapioca, alors qu'on croyait en avoir déjoué les tentacules. On s'est doucement réjoui que d'autres aient balisé pour nous les pièges de la côte, Toot à Porto Santo, GusPL à Gough, Grognard presque à la Grande Kerguelen, Petit Punch et Grognard encore en pique-nique à Mackarie, Mumonline et KikG33 en visite chez les Akalakufs d'Ildefonso, et enfin Cluzel en villégiature aux Roches, qui l'eût cru ! Et finalement on est arrivé, avant Destremau, 31ème de son jour d'inscription et 1er du YCL ! Yeah ! Champagne pour tout le monde ! (Les suivants vont avoir bien besoin de ce petit dopant parce qu'un superbe anticyclone s'installe au beau milieu du golfe de Gascogne et ferme la porte d'accès aux Sables, pour les virtuels comme pour les réels, les Roxy, Safran et autres Akéna qui essayent encore de se défaire de la bulle des Açores.)

Mais surtout, surtout... On a repris contact avec tant de cousins, neveux, et autres parentèles même rapportées qu'on voudrait bien que s'inventent de telles occasions à chaque saison. Merci à Paul, Stéphanie, Simon, Eric, Augustin, Nicolas, spécimens de la génération suivante que je serais bien incapable de repérer dans une fête pour ne les avoir pas rencontrés en chair et en os, tout au moins récemment, mais avec qui nous avons échangé des
effusions qui réjouissent le coeur. Merci à François, que je ne connais pas plus, qui avec Christophe a maintenu la tension et rendu palpitante cette tête de course. Merci au mystérieux  Grognard, qui pourrait bien être Isabelle mais ne veut toujours pas se découvrir. Merci, merci à Jean, Paul, Thomas, Matthieu, Louis, Yves, Pierre, Joële, Christophe, Pierre-Hubert, piliers de mon univers familial qui continuent à jouer le jeu passionément, pour le plaisir, pour la folie et pour la convivialité. Et merci encore à tous les amis qu'on a trouvés ou retrouvés à cette occasion. On a, un moment, presque cru reconstitué le club des PiGéPhiGaJoChris. La prochaine fois, peut-être !
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M
Bravo Gaït et merci à tous les capitaines. C'était sympa de communiquer meme virtuellement. Ca va manquer à ceux qui sont encore en mer. Merci à Cluzel pour ces commentaires très interessants qui nous ont accompagnés et qui nous ont permis de nous y croire un peu pour ceux qui ne sont jamais allés par la-bas mais qui ont toujours révé d'y aller..Bravo à toi aussi Cluzel pour ton arrivée juste à une étrave de mon pote Vagabond. Bises à tous les bloguers de la rue du Lot
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G
bravo tante gaït ou plutôt capitaineu !! non ce n'est pas moi grognard
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T
Merci GAIT ! et bravo pour cette course.Pour info, Virtual regatta  a aussi crée d'autres courses en parallèle des vraies : en ce moment la Withbread...
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G
PS: Je suis preneuse de toute proposition d'embarquement réel, quelle que soit la destination, si le timing en est compatible avec mon emploi du temps international
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G
Pour le passage du Gois, il faut comprendre qu'à l'instar de Veolia et de Safran, Gauhar s'était opportunément débarrassé de sa quille en rencontrant un mammifère marin dans les derniers milles de tempête
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