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Vigni vignons, vignons le vin... La jolie vigne au vin !!!!!

 A tous les Planty Vidal etc., amoureux du vin voici le discours que Catherine Marès dites Tante Kaki, soeur de notre grand père de Laurens, a Prononcé lors de la séance publique annuelle de l'Académie de Nîmes dont elle est présidente. Tante Kaki est femme de viticulteur dans la région de Nîmes, c'est chez elle que Virginie était logé quand elle était en stage à Nîmes, c'est une brillante intellectuelle qui fut professeur de lettres de son actif: Français, Grec et Latin. Voici ce qu'elle dit:

Allocution du 4 février 2007

Séance publique de l’Académie de Nîmes

 

 

Monsieur le Préfet, toute l’Académie vous remercie de l’honneur que vous lui faites en venant, pour la deuxième année, présider cette séance publique. Je profite de cette occasion pour vous féliciter, au nom de mes confrères, de la promotion dans l’ordre du mérite dont vous venez d’être brillamment honoré et tout le département avec vous.

 

Peut-être vais-je faire une entorse au protocole en saluant aussitôt après vous le successeur de celui qui était notre protecteur, avant que ce rôle ne soit endossé par le Préfet : je remercie Monseigneur Wattebled de sa présence, dans le souvenir du si regretté Père Dalverny.

 

Monsieur le Député me connaît assez pour ne pas m’en vouloir.

 

Je salue le représentant du Conseil Général

 

Je remercie Monsieur le Maire de Nîmes de sa présence. Nous lui sommes très reconnaissants de nous permettre, cette année encore, de sortir du huis-clos de la rue Dorée pour que, dans cette salle de l’Atria qu’il met à notre disposition, l’Académie ait l’audience qu’elle mérite sur la Ville de Nîmes.

 

Je salue les représentants des autorités militaires qui nous font l’amitié d’être parmi nous.

 

Je voudrais remercier particulièrement de leur présence les présidents ou représentants des diverses académies des régions voisines, en particulier celle de Montpellier, avec qui nous souhaitons entretenir des relations suivies,
celle d’Arles,
d’Aix,
de Toulon (représentée par l’Amiral Monaque)
de Lascours, nos amis du département. 

 

Que tous ceux dont j’aurais omis de saluer la présence ne m’en tiennent pas rigueur.

 

 

On m’a soumise à des limites draconiennes en matière de durée et le défi que je me suis lancé en prétendant faire l’éloge de la vigne m’oblige à passer immédiatement au second versant de mes contraintes du jour, vous entretenir du sujet dont je viens de vous énoncer le titre.

 

Madame Lassalle, cheville ouvrière et précieuse gardienne des traditions et de la mémoire de notre Académie, nous rappelait dernièrement ce qu’il est advenu lorsque notre Société, en 1801, a recouvré la vie après les turbulences de la révolution. Le préfet, son protecteur, regroupait autour de lui des hommes dont les compétences, espérait-il, l’aiderait à restaurer l’économie du département, à développer ses techniques, à stimuler les esprits. Un tel dessein conférait aux Académiciens une responsabilité plus engagée que celle stipulée par les lettres de créance du 10 août 1682 : l’étude de l’Antiquité, « pour l’intelligence de ce qu’il y a de plus rare et de plus obscur dans ces débris qui leur restent des ouvrages des Romains » et « l’honneur de joindre la pureté du langage français à la connaissance de l’antique histoire.

 

Ne point faillir à ces responsabilités est une exigence à laquelle la provisoire et modeste présidente que je suis se doit de ne pas déroger. L’Académie royale du Gard s’est toujours intéressée aux questions agricoles, à la viticulture en particulier, puisque l’on trouve à la bibliothèque de Toulouse, sous la cote 60 690, un rapport de cette dernière sur l’appareil vinificateur de Mlle Gervais. Je n’y suis pas allée voir, mais serais curieuse d’apprendre ce dont il s’agit… Son avis fut sollicité en 1774 sur un projet de canal du Rhône au Vistre. En 1842 la perte de ses attributs royaux n’empêcha pas notre Académie de mettre à son concours, doté de récompense, un sujet sur les moyens de détruire l’althise qui ravage les vignes. En 1849, il s’agissait de Constater les progrès de l’agriculture dans le Gard depuis plus de vingt ans. Vous voyez donc que les garants ne me font pas défaut sur ce terrain, ô combien épineux à l’heure actuelle, de la vigne et du vin.

 
 

Cette séance solennelle annuelle se déroule sous votre Présidence, Monsieur le Préfet, et pourtant, si je déclarais que mon sujet rejoint l’une de vos graves préoccupations : le sort des viticulteurs de notre région, il serait facile de me taxer de suffisance et de présomption. En outre je m’expose au risque, après avoir fait l’éloge de la vigne, et donc, de son plus noble produit, le vin, que vous ne postiez à mes trousses, sur les routes de l’agglomération, un préposé aux contrôles d’alcoolémie désireux de ne pas revenir bredouille.

 

En réalité, il se trouve que j’ai arpenté toute ma vie le jardin des racines grecques, romaines et judéo-chrétiennes de notre culture. Pendant les neuf années où je suis, suivant la formule, restée à la maison, c’était pour aider mon mari, jeune vétéran revenu de la campagne africaine sur le « lot de colonisation » où il avait décidé d’implanter sa famille. Sans doute est-ce la raison pour laquelle l’un des mots dont je me plaisais à déployer l’éventail de significations devant mes élèves, pour qu’ils goûtent leur langue en découvrant son origine, était le verbe latin : colo, colis, colere, colui, cultum. Ce verbe en effet veut dire à la fois : cultiver, habiter et rendre un culte. Pour faire l’éloge de la vigne, je vais donc m’appuyer sur chacun de ces sens.

 

La rhétorique voudrait que je les traite l’un après l’autre. Mais c’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf : de la culture et de la sédentarisation, laquelle a précédé l’autre ? Lorsque les nomades hébreux venus d’Egypte arrivent aux confins de la terre promise, encore inaccessible, leur premier éblouissement provient des grappes de raisin sous le poids desquelles croulent, à leur retour, leurs éclaireurs. Il faut cultiver pour habiter, il faut habiter pour cultiver.

 

 

Sans conteste, la vigne a donné au Midi son visage, mais depuis quand ? La découverte de pépins de raisin fossilisés au Nord et au sud des Alpilles (entre autres lieux) laisse entendre que la vigne a toujours existé, chez nous et dans les régions tempérées et chaudes, à l’état sauvage. Dans la description de l’Age d’Or faite par Virgile dans la IV° églogue, le lierre dont les fruits viennent spontanément nourrir l’enfant mystérieux en son berceau, ne serait-il pas en réalité une liane, la vigne sauvage ?

C’est au 7° millénaire avant notre ère que la vigne cultivée fait son apparition dans l’actuelle Géorgie, sur les flancs du Caucase. De là, elle gagne la Mésopotamie, l’Egypte où des traces de son exploitation sont inscrites sur des bas-reliefs datant de 2.500 avant J.C. Elle s’étend jusqu’en Inde et en Chine, mais trouve dans toute l’Asie Mineure, en Phénicie et surtout dans le monde grec, son terrain d’élection.
 

 

 

Avec l’huile, le vin constitue en effet le trésor que les Phocéens, vers 600 av. J.C., apportent à Marseille. La vigne cultivée n’existait pas, en Gaule, avant que les Grecs ne la lui confient. Précieux trésor. Les premières traces, aujourd’hui visibles, de sa culture, apparaissent autour de Martigues et de Lançon de Provence. Elles datent du V° siècle. Strabon, géographe originaire de Cappadoce et contemporain d’Auguste, ne décrit-il pas la Gaule comme « couverte de vignes » ? Toute la Narbonnaise devient terre à vigne, avec Lattes et Narbonne comme têtes de pont, pour en assurer le commerce, dans un va-et-vient incessant. Ce n’est qu’au début du I° siècle av. J.C., une fois toute la Gaule devenue province romaine, que cesseront les importations de vin italique. La production locale ne suffisait pas en effet, jusque là, à alimenter en vin les armées romaines et les nouveaux colons. Cependant, sa trop grande expansion risquant désormais de couler la production d’Italie, en 92 de notre ère, l’empereur Domitien ordonna d’arracher (déjà !) la moitié des vignes des provinces. Il semble que les irréductibles gaulois aient assez peu obtempéré, beaucoup trop soucieux de sauver leur vignoble.

 

Si le vin chemine en effet jusqu’en Aquitaine et jusqu’en Gaule septentrionale par les voies navigables et sans doute aussi à travers les Alpes, il faut avouer que son triomphe n’est pas facile et qu’il a affaire à forte partie. Incontestablement, les Gaulois sont portés sur la boisson. Telle est du moins, dans l’Antiquité, leur réputation. Ce serait même pour s’en procurer qu’ils ont envahi Rome, sauvée par les oies, comme chacun sait... Cependant, passé le confluent de la Saône et du Rhône, la rivalité avec d’autres boissons alcoolisées est rude. La cervoise est une concurrente redoutable, en particulier en Gaule Belgique, ainsi que les alcools de grain (oh ! la bière, le whisky, la vodka, déjà…). Pour les Romains, formés à la culture grecque, habitués à l’ordonnancement rituel des banquets, ce sont boissons de sauvages. Cependant, l’influence romaine implanta la vigne sur les rives de la Moselle, autour de Trèves, capitale impériale à partir de 258, et sur les bords du Rhin. Ausone et Venance Fortunat ont laissé de superbes descriptions de ces vignobles de coteaux.

 

La vigne allait-elle survivre au démantèlement de l’empire romain ? Il ne semble pas qu’il y ait eu de véritable solution de continuité dans son exploitation et son implantation. L’Eglise, en effet, du fait de ses besoins en vin de messe, n’a pas cessé d’en favoriser la culture. La communion sous les deux espèces fut pratiquée jusqu’au XIII° siècle.( Le concile Vatican II a d’ailleurs préconisé le rétablissement de cette pratique, il serait utile de ne pas l’oublier, sous quelque prétexte de précaution …inutile…) Les évêques ont planté de la vigne au siège de leur évêché (St Rémi en lègue par testament au début du VI°), et ce, dans toutes les provinces de France, jusqu’en Bretagne, dans le Nord, la Vallée de la Loire, le Berry, le Massif central, grâce à des cépages appropriés.

 

Les moines développent les vignobles (on leur doit la plupart des grands crus) et le service du vin, selon Rabelais, doit parfois passer avant le service divin. C’est une question de vie et de mort, tant le poids de la vigne importe à l’économie ! Enfin, par-delà les océans, c’est l’Eglise qui est responsable de l’implantation des vignobles dans toutes les régions dont certains redoutent aujourd’hui la concurrence : au Cap, en 1659, au Mexique, dans toute l’Amérique latine et jusque sur le piémont andin, au Chili et en Argentine. C’est ainsi, a-t-on pu même écrire, que « L’expansion de la civilisation chrétienne est à l’origine de l’expansion de la viticulture dans le monde. »

 

Si ce petit galop à travers l’histoire était nécessaire pour comprendre comment la vigne habite la terre, il ne suffit pas à la chanter, ni à expliquer ce type de rapport très particulier qu’un vigneron entretient avec sa vigne, pour la cultiver.

 

La cultiver, même si, à travers l’histoire, de terribles fléaux l’ont ravagée, est affaire de passion. Il faut souvent beaucoup de bon sens et d’observation pour venir à bout des maladies qui la guettent. Ainsi, c’est par une sorte de pragmatisme naturel, à force d’expérimentations et d’observations qu’Henri Marès, membre de l’Académie de Montpellier et correspondant de l’Académie des sciences, ami de Pasteur, et arrière grand oncle de mon mari, a réussi à vaincre l’oïdium. La lutte contre le phylloxéra, qui anéantit le vignoble, fut une histoire dramatique. Rétrospectivement, on se demande de quel bois étaient fabriqués nos ancêtres pour se relever après pareille catastrophe. Parti de Pujaud, dans le Gard, le puceron ravageur a entraîné l’arrachage de la quasi-totalité du vignoble. Et pourtant, les moyens d’une renaissance ont été trouvés, le vignoble a ressurgi..

 

Cet acharnement à maintenir la culture de la vigne, c’est à la plante elle-même qu’on le doit. Elle possède le génie de s’adapter à la terre qui la porte et de l’épouser. Ni grosse froidure ni excessive ardeur ne la rebutent. Son allure dépouillée, ses couches d’écorces superposées lui font comme un manteau d’hiver. Sa sobriété ( on dit même que pour produire, il faut qu’elle souffre…) la ténacité de ses racines à forer entre les cailloux pour quérir l’eau là où n’importe quelle plante se serait découragée, font d’elle la culture idéale, la plus adaptée à nos régions. Apricis saxis mitis vendemia coquit : sur les pierres chauffées de soleil se mitonne la douce vendange. Ainsi chantait le délicat Virgile.

 

Rien de plus rustique, rien de plus souple, rien de plus résistant qu’un plant de vigne : c’est une liane. Avec ses vrilles, que Colette a si bien chantées, elle s’agrippe à tout, elle agrippe tout, même, paraît-il, le rossignol... Souvent, elle fait corps avec la maison, à tel point que pour symboliser la fuite du temps, Lamartine écrit le poème La vigne et la maison. Il dit ailleurs, « la famille enracinée sur le coteau qu’elle a planté, refleurit d’année en année ». C’est que la vigne entretient un type de rapport particulier avec les hommes parce qu’elle entretient aussi un type de rapport particulier avec la terre. « La vigne, le vin, selon Colette, sont de grands mystères. Seule, dans le règne végétal, la vigne rend intelligible ce qu’est la vraie saveur de la terre. Quelle fidélité dans la traduction… Elle ressent, exprimée par la grappe, les secrets du sol. Le silex, par elle, nous fait connaître qu’il est vivant, fusible, nourricier. La craie ingrate pleure, en vin, des larmes d’or. »

 

De ce fait, ce n’est plus seulement l’homme, mais la vigne elle-même qui habite la terre. Les forêts la recouvrent, les cultures pérennes l’occupent momentanément. Seule la vigne l’habite. Y a-t-il une seule autre culture que l’on appelle ainsi par son nom ? Ce n’est pas une bambouseraie ou une oliveraie, ce n’est pas un verger, ni un champ de blé, c’est « une vigne », une personne. Seul peut faire du bon vin celui qui est amoureux d’elle. Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux…Pour montrer à quel point Dieu est amoureux du peuple qu’il s’est choisi, il le compare à une vigne. Toute l’histoire de la Bible est histoire d’une alliance, des noces de Dieu avec sa vigne bien aimée. Je suis la vigne et mon Père est le vigneron…

 

C’est que, vous vous en seriez doutés, la vigne est l’objet d’un culte. Telle sera la troisième partie de mon propos.

 

De même que Déméter avait fait don du blé aux hommes, pour les remercier de l’avoir aidée dans la quête de sa fille Perséphone enlevée par Hadès, Dionysos (le Bacchus des Romains, le Liber des Gaulois) leur a fait don de la vigne. Déméter s’est retirée dans son lointain Olympe ; Dionysos, lui, est resté, pour profiter avec les hommes de ce trésor qu’il voulait partager. C’est autour de Dionysos, lors des grandes Dionysies, que naquit le théâtre, cette célébration rituelle du mystère de la condition humaine. C’est encore Dionysos, sous le nom de Iacchos, qui, dans les mystères d’Eleusis, conduisait le cortège des futurs initiés, promis à l’éternité.

 

Impossible en effet de connaître ce qu’est la vraie vie sans une certaine dose d’extase et de folie. Encore faut-il maîtriser, en les ritualisant, les effets du délicat breuvage. Ainsi en est-il de ce banquet décrit par Homère il y a 2800 ans :
Il n’y a pas de moment plus gracieux dans la vie que l’instant où les convives assis autour de la table bien dressée prêtent l’oreille au chantre, tandis que l’échanson, puisant le vin dans l’amphore, remplit les coupes à la ronde.

 

Codifier l’euphorie, n’est-ce pas le rôle d’Apollon, le dieu de la raison ? Entre Apollon et Dionysos, la guerre ne faisait pas toujours rage, contrairement à ce que l’on pourrait penser, car, un mois par an, à Delphes, Apollon cédait la place à Dionysos, comme si l’homme ne pouvait pas vivre sous le seul registre du raisonnable. A quoi bon vivre sans un zeste de folie ? Tous les poètes nous l’ont dit.

 

On ne me fera pas croire, même si je ne ferme pas les yeux sur les ravages de l’alcoolisme contre lequel on ne luttera jamais assez, que le vin est un poison. Comment, dans ce cas-là, le fondateur de la religion à laquelle j’ai la joie d’appartenir, aurait-il commencé sa vie publique en fabriquant, à partir d’eau, (… non pas ex nihilo), de 500 à 700 litres de vin, et du meilleur ? J’aime à imaginer aussi le regard indulgent qu’il a posé ensuite sur la douce euphorie dont il était la cause.

 

Sans doute signifiait-il alors qu’il préparait le vin d’une autre alliance. Quand il a voulu transmettre son dernier message, c’est au cours d’un repas. Rien ne lui a paru plus apte à signifier le don de sa vie que de permettre à ses amis de boire à la coupe, avec lui.

 

Vous l’aurez bien compris. Ubi vitis, ibi vita : là où il y a de la vigne, il y a la vie.

 

Ne pas trouver les moyens de maintenir une économie de la vigne capable de faire vivre notre région serait un crime. Si la production y a diminué de 9% sur les cinq dernières années, si l’arrachage représente 5% de son potentiel productif, si, il y a 25 ans, la production du Languedoc Roussillon était double, il ne faut pas seulement se lamenter. Ce qui a été perdu en quantité a été gagné en qualité. Sur le marché tant local qu’international, nos vins rivalisent avec les meilleurs, les dépassent parfois, et ils sont moins chers. Ce qu’il faudrait interdire, c’est que quelque part en France on puisse servir un vin, comme chacun peut hélas le constater au cours de ses déplacements, qui ne soit pas excellent.

 

Sans doute mon propos, un peu idyllique, a-t-il pour objectif, tel le vin du soldat, de remonter le moral des troupes. Il ne faut jamais s’avouer vaincu. Voilà 26 siècles que les noces du Midi et du vin ont été nouées. Qui dit mieux en fait de fidélité ?

 

Mais la survie des vignobles de notre région ne se fera pas sans effort. Les experts recommanderont tous ceux qui sont nécessaires. Ils en oublieront peut-être un : l’effort d’éducation, auprès de la jeunesse. Si l’on veut lui apprendre à mettre de l’eau dans son vin, il faudrait commencer par lui apprendre à goûter, à apprivoiser le vin, plutôt que les alcools, ou autres produits toxiques... Je rejoins là les préoccupations de l’Académie, dont nous sommes l’émule, selon notre devise. Celle des Sciences morales et politiques vient de publier un rapport intitulé : La France prépare mal l’avenir de sa jeunesse. Vous comprenez bien à quel point mon propos est symbolique de tout l’effort qu’il nous faut fournir pour transmettre ce qui fait notre civilisation.

 

Le vin partage en effet avec la femme et le cheval le privilège d’avoir une robe. Proust, dessinant un jour le portrait de la duchesse de Guermantes écrit : « elle était entourée des plis de sa toilette comme de la quintessence d’une civilisation. » La haute couture et l’élevage du vin ressemblent à la haute école. Ce sont quintessence d’une civilisation.

 

A n’en pas douter, la crise du vin est aussi crise de civilisation. N’est-ce pas précisément notre rôle, à tous, de faire en sorte que la crise entraîne un sursaut, une volonté farouche de transmettre le goût de la vie civilisée, … l’esprit du vin ?

 

Caton l’Ancien, le parangon de toutes les vertus romaines, affirmait : « Si l’on me demandait quel est le bien le plus précieux de la terre, je répondrais : c’est la vigne. »

 
A ces fortes paroles, je pense que vous acquiescerez vous aussi et vous remercie de votre attention.

 

Catherine Marès

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guillaume je suis peersuadé des propos de ta Tante !<br /> A quand de la vigne au Cluzel avec quelques rangs d'oliviers de quoi occuper ddes geens civilisés
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B
Bonjour,Les statuts du blog sont clairs : TOUT est possible dans le respect des autres et la tolérance.Cet excellent article est  un point de vue qui élargit le débat même s'il s'éloigne de la famille.Je propose de l'accepter (en plus il est bon) mais merci de ne pas trop abuser de textes pris à d'autres et très longsVotre Blogmaster
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P
A méditer.Quelque soit  la qualité du texte de Madame Marès, et il n'en manque pas,  je me demande s'il est prévu dans les statuts du blog cousins d'utiliser ce dernier à d'autres fins que les échanges de nouvelles ou de points de vue entre les membres de notre famille élargie..Voilà une suggestion qui mérite des commentaires !Pierre-Hubert
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N
Que l'expression est fluide et douce à lire ! Bravo, Mme Marès et merci aux moines d'avoir persévéré dans la culture des vignes. Eduquons au "savoir-boire", je suis entièrement pour. A bientôt, N.
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J
Il est dommage que nous n'ayons pas la version audio parce qu'on ne peut pas profiter des applaudissements qui ont du suivre. <br /> alors je vous les faits :<br /> <br /> "clap clap clap clap clap clap clap clap... bravo !"<br /> <br /> c'est très intéressant et très agréable à lire.<br /> <br /> félicitez Mme Marès !<br /> <br /> en revanche, qu'elle ne vienne pas en Bulgarie, elle pleurerait !<br /> dans l'Est de la Bulgarie il y a des hectares à perte de vue de vignes folles et abandonnées (le bordelais que je suis a été assez frappé) !<br /> c'est le résultat, selon certains nostalgiques, de la chute du communisme et donc de l'arrêt des fermes coopératives qui a suivit.<br /> <br /> Guillaume ton article a le mérite de pousser celui de Bayrou bien en bas et de nous faire revenir aux choses essentielles.<br /> alors advienne que pourra pour nos élections et Vive le Vin !<br /> <br /> bye
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