Mes chers cousins
Je n ai pas put accéder au Blog depuis bien longtemps. Je crois qu’une partie du réseau est inaccessible en Ethiopie. Le dernier article que j avais lu concernait la ressemblance de Mouline et Pandora. Je suis arrivé hier en Tanzanie donc j ai pu enfin vous lire tous, et je peux vous dire que vous êtes génialissimes ! Je vous avait promis un article sur l Ethiopie. Le voici donc.
Oubliez l’Afrique ! Perdu là haut dans ses montagnes, cachée comme une forteresse imprenable, si près de Dieu et si loin du continent noir qui l entoure, se trouve l Abyssinie ! Fabuleuse terre que l Ethiopie. Pour moi, de loin, le pays le plus fascinant du continent.
Les abyssins sont des descendants d’une belle histoire : le voyage de la Reine de Saba a travers le désert jusqu’en Israel, pour retrouver le Roi Salomon. De leur union naitra Ménélik, qui rentra en Ethiopie et devint le premier empereur abyssin. Ici commence l histoire de ce pays qui possède une culture propre avec cette langue étrange et unique, l’Amharique, ac ses sons bizarres et les caractères tordus, son propre calendrier (d ailleurs, les Ethiopien fêtent l An 2000 ce ….11 septembre !!!), sa propre heure !! oui oui !!! et des coutumes et traditions absolument fascinantes. Une ferveur en l Eglise orthodoxe d’Ethiopie déroutante. Dans les églises, tout le monde se voile en blanc. On embrasse les portes, les grilles. On se prosterne comme dans une mosquée. Les hauts parleurs hurlent la grandeur de Dieu de 5h30 à 20h00. L église elle-même est hexagonale et est organisée comme le temple de Jérusalem, avec les trois parties distinctes.
En Ethiopie, ya aussi une nourriture délicieuse, riche et variée, incomparable au poulet bicyclette du Burkina ou a l Aloko ! Ils font une sorte de grande crêpe avec une farine qui n existe qu ici, et puis ils mettent plein de super truc dessus, avec des legumes de dix façons différentes, des viandes de toutes les couleurs. A la fin on boit le café, le meilleur du monde sans aucune comparaison possible !!! Qui pousse sur les montagnes, qui est chauffé aux braises encore frais puis bouillit dans une cafetière spéciale. On vous le sert dans des bouffées d encens !!! Fabuleux je vous dit. Je vais pas m étendre sur tout, les danses et les joutes verbales comme les troubadours, la poésie qui fait que 4 vers peuvent avoir 10 sens différents, du plus enfantin au plus inavouable, ect..
Je suis donc resté deux semaines. A parcourir Addis Abeba de haut en bas. Addis, c est quand même a 2500 mètres d altitude, avec un air sec et frais la plupart du temps, très agréable. C est d ailleurs pour ca et pour d autre raison géopolitiques que on y trouve le siege de l union africaine, et parmi les plus importantes représentations diplomatiques du continent, une très forte présence de l Onu, et j en passe. Par contre, le développement récent du pays fait que d horribles immeubles poussent un peu partout, des trucs qui ressemblent a deux jeux de lego de mauvis gouts, je les appelle les stupid chinese buildings ! L époque socialiste a aussi laissé des gros bâtiments bien totalitaires. Bref, c’est pas une belle ville. Mais ca a son charme quand même. Et puis ya un aeroport super moderne, une rocade autour de la ville, des avenue sans nids de poules. Et je ne parle pas du quartier italien, et des vieux batiments imperiaux.
Le we dernier, des amis d Addis partaient pour le we a Dire Dawa, 500 km a l ouest Addis, 9h de voiture ! Et comme je voulais voir du pays, et que Pascaline Dacharry, de Gramat, habite justement a Dire Dawa, je me suis dit…
9 h a travers ces pays incroyables. Des zones plates et sèches entourées de montagnes. Des champs de laves et des lacs de cratères. Des montagnes vertes, immenses, interminables, avec les champs en terrasse. Enfin la redescente vers Dire Dawa, en suivant une rivière saisonnière dans une vallée encaissée. En gros, parfois ça ressemble a la Castille, parfois a la Serra da Estrela, parfois a la Costa Brava.
Et nous voici a Dire Dawa, une ville « française » qui ressemble a Bobo Dioulasso, avec ses rues bien droite, sa gare française avec son buffet de la gare et son club de pétanque, et plein de petit baraques de toutes les couleurs, toujours avec beaucoup de style, et des grands arbres et plein de fleurs partout. La ville est parcourue de Bajaj, ces espèces de tricycle indiens rigolos. Pascaline est connue comme le loup blanc ! Elle court partout du matin au soir, comme une folle, elle ne se couche jamais avant l appel du Muezzin, et se lève a 7h du matin. Elle est super en forme et ca ma fait bien plaisir de la voir la bas.
Puis le samedi on est allé a Harar !!! Harar. Ville mytique et hallucinante, une ville millénaire. La où vivait Rimbaud quand il était en Ethiopie. Entourée de murailles et de légendes, la ville n a tout simplement pas changé depuis le moyen âge. Passer les portes d’Harar, c est comme prendre l’ascenseur du temps. On arrive dans un labyrinthe de ruelles, avec des hauts murs blanc, ou colorés, de vieilles bâtisses vénérables (la plus belle est celle de Rimbaud), avec les chèvres qui se baladent tranquillement en ville. Sur les marchés, on trouve des encens fabuleux, des épices de partout. Harar c’est surtout la ville du Kat. Le Kat, c est une plante qui ressemble a du thé. On mâchouille les feuilles fraichement coupées pendant une heure ou deux. C est euphorisant et ca ouvre les yeux. On fait passer l amertume avec du café. Et tout la ville mâche du kat toute la journée. Du coup on croise pas mal de gentils fous un peu partout, et même les chèvres, qui mangent les débris qui tombent, sont défoncées et marchent n importe comment, elle vous bousculent même !. La nuit, il parait que les ferrailleurs et les forgerons du bas de la ville se transforment en hyènes. Du coup certains trous dans les murs ne sont pas reparé pour leur permettre de sortir, et ceux depuis plusieurs centaines d années ! Le soir, il suffit de s approcher des ruisseaux-décharges puants pour voir les hyènes farfouiller dans les ordures. C est très étrange comme bestiole, très laid mais assez fascinant.
Je suis reparti d Ethiopie vraiment touché par la force de ce peuple.
Je suis maintenant à Dar es Salam ou il fait une chaleur de bête. Je vous raconterais tout ca une autre fois.
Je vous embrasse tous
Marco
Ps : le vous laisse avec ces quelques vers de Rimbaud, mes preferes, ceux qu on trouve dans Les Ethiopiques de Corto :
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !