Bonjour à tous,
j'ai reçu hier un mél d'Emmanuel Vrignault m'envoyant le " sermon" de l'enterrement de Nanou qu'il venait de retrouver.
Je vous le confie en ces jours de mémore.
Bises à vous tous petits et grands
Aude
Le 7 décembre 2010 Nanou
Tout ce monde ce matin, c’est pour vous .
Apparemment il n’y a plus que votre corps et nous l’honorons
Mais je crois que vous êtes vivantes.
C’est vous qui nous réunissez , permettez-moi de m’adresser à vous.
Nous ne sommes pas tous croyants, nous ne sommes pas tous venus pour prier mais nous sommes tous venus
pour nous recueillir.
Certes nous aurions voulu vous garder et la même tristesse nous prend, croyant ou incroyant parce que vous
partez..
Tout nous revient en mémoire :
L’amour de Claude votre époux..
Cette longue aventure à deux marquée par l’attente du marin rentrant de ses expéditions
Toute votre vie était centrée sur lui
Sa mort alors que vous étiez hospitalisée a été pour vous une épreuve dont vous ne vous êtes pas relevée.
L’amour de vos enfants, petits enfants et arrières
Dimanche après-midi dans la maison de famille chacun évoquait tout ce que vous lui avez donné. Mieux
que moi, ils pourraient préciser tous ces moments lumineux vécus: les sucettes .. Les jeux..
Grace à vous la maison était toujours ouverte. Vous étiez attentive à ce que chacun vivait, heureuse de
recevoir des nouvelles, des cartes, des photos
Votre amour pour la lecture, le bridge
Votre amour de votre ville : Castelmoron où vous êtes revenue avec joie.
Il parait que vous disiez : « A Castelmoron, tout est bon ! »
Tout cela nous monte au coeur, pèle mêle : et vos qualités et vos défauts, car vous n’étiez pas une statue mais
une femme bien vivante avec ses faiblesses, ses injustices, ses replis sur soi, ses démissions, têtue et râleuse
certains jours.
Ce sont et vos qualités et vos défauts qui vous rendaient si attirante, si attachante.. Nous en sommes la preuve
aujourd’hui. Vous faisiez partie de notre existence : les saisons de la vie les gaies et les moroses vous les
avez partagées…
Aujourd’hui où nous connaissons une défaite de la vie, peut-être ici avez-vous un message à nous transmettre.
Le lettre de St Jean lue en première lecture sonne juste : « Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des
paroles et des discours mais en acte et en vérité. »
Nous pressentons bien que tout ce que vous avez semé de vrai ne peut que germer dans la vie de chacun et la
foi de votre baptême dont vous découvrez toute la lumière et qui vous faisait déjà croire que tout amour des
hommes est chemin de Dieu et qu’il n’y a pas d’amour de Dieu sans amour de l’homme… est message pour nous
Vous n’auriez pas cru en une religion qui n’aimerait pas la vie et vous nous dites aujourd’hui qu’il n’y a pas d’amour
vrai de la vie s’il est réduit simplement à nos horizons humaines.
Nous ne savons rien de cette autre rive où vous abordez… avec Thomas de l’évangile que je viens de lire nous
avons besoin de toucher et de voir.
Aidez-nous à entendre la parole de Jésus : « La Paix soit avec vous » Jésus est là, je ne sais comment, il nous
invite « avance ton doigt, regard… je suis venu partager ta vie jusque dans la mort »
Vous n’aimiez pas les sermons mais vous aviez faim de l’eucharistie, votre nourriture de votre vie de foi..
Donnez nous l’appétit de ce Dieu qui nous dit : Venez à moi, vous tous…. »
Vous nous rassemblez autour de la table de l’eucharistie. Eucharistie qui veut dire rendre grâce… dire merci…
ensemble avec Jésus Christ nous remercions :
Pour vos remerciements si souvent répétés : vous aimiez remercier sans cesse
Pour les rassemblements familiaux multiples
Pour votre soeur venue chaque jour à la maison de retraite depuis … ans
Pour les cartes envoyées chaque jour par vos petits enfants
Pour tous ceux qui vous ont accompagnée dans ces moments difficiles ………………...