Un petit aparté pour vous raconter une (trois en fait) conversation avec un GI revenu d’Irak.
Oulala la situation est grave. Les seuls points positifs que j’ai entendu, c’est qu’il y avait un interprète dans chaque unité (10 hommes).
Les trois gars que j’ai rencontrés été bien atteins. Le premier était pratiquement muet, l’autre beugle, et l’autre traumatisé. Les gars là-bas sont totalement impuissants. Ils font des rondes inutiles où ils risquent leur vie, et ils ne peuvent rien résoudre. Les gars s’en merdent comme des cons, et tournent en ronds. Donc ils deviennent fous et se droguent. Le gars disait que beaucoup, beaucoup en prenaient, et que sur 6 gars, 5 étaient fous. Je n’essaye pas de démontrer que la drogue rends fou (quoique), mais que la situation est grave là-bas. Il m’a raconté aussi comment ils ramenaient des filles… Bref le joli Vietnam d’Apocalypse Now.
Il me disait que les irakiens faisaient rarement de prisonniers, et souvent des décapitations. Il n’a pas réussi à me dire ce que les GI faisaient aux irakiens. Mais il disait que les contacts étaient extrêmement difficiles à gérer, les bavures fréquentes. Un de ces collègues lui disait qu’il commençait à croire en Allah, parce que dès qu’il tué un irakien, il avait l’impression de le voir peu de temps après. Il se demandait si Allah ne les renvoyés pas à chaque fois sur terre pour continuer à ce battre. Que ce n’était pas significatif d’en tuer un puisque il allait revenir le lendemain. J’avais parfois l’impression qu’il ne parlait pas d’irakiens, mais de simples fourmis.
Il me disait que certains irakiens les remerciaient, surtout au début, mais que maintenant ils préfèrent les voir partir. Le gars dénigrait les irakiens malgré lui, c’était un bon gars touché par la guerre. C’était un gars d’origine colombienne. Il avait atterri bien jeune à Miami pour vivre le rêve américain. Bien des années après pour obtenir sa nationalité, il est parti faire son « tour » (« tour » de je ne sais plus quoi, enfin l’armée). Bien sûr tous ceux qui veulent la nationalité son bienvenus, et envoyés en Irak. C’est aussi eux qui tombent les premiers. Maintenant le GI voulait seulement revenir ici, renoncer à la nationalité US, et apprendre l’espagnol… On a discuté de ça sur les remparts de Cartagena, face à la mer, autour de quelques bières.
C’est aussi pour tous ceux qui appuyaient cette guerre il y a déjà 4 ans.
5'000 GI
42'000 irakien
Beaucoup d’armes vendues
Et quelques barils…