(Le blog master sera tenu responsable des fautes d’orthographe)
Il faut dire que la réputation de la Colombie est vraiment mauvaise, et bien entendu la réputation va plus lente que la réalité. Avant de partit j’avais regardé un plan de Bogota sur les zones déconseillées : et bien il n’y avait qu’une seule zone conseillée, tout le reste était en rouge (risque élevé, déconseillé).
Depuis 5 ans, qui correspond à l’élection d’Alvaro Uribe, la situation a nettement changée. Avant ça il était difficile de se déplacer dans le pays. Il y avait des attentats dans toutes les grandes villes, à Medellín, a Bogotá… En circulant on risqué de se retrouver nez à nez avec les Farc ou les paramilitaires. Les enlèvements étaient fréquents, les meurtres aussi. Il suffit d’écouter les locaux, ils parlent avec une déconcertation assez terrifiante.
Ça été assez alarmant de partir dans des zones reculées. Il y a peu, à El Playon, où « y’a bon cacao », les para administrés la zone. Ils n’y a pas « que » les para et les Farc, il y a le M16, le …, et je ne sais plus quoi, et d’autres encore. Chacun avaient leurs méthodes, et aucunes n’était agréables. Il y a trois ans un otage a été liquidé car on en demandé 25'000 euros, et seuls 5'000 euros avaient été payés. Je ne me rappelle plus bien des sommes, mais le gars à été tué pour ne pas avoir payé la totalité. Les gars ne rigolent pas.
Il y a les grandes têtes, nous on connaît Pablo Escobar, mais il y a pleins de « célébrités ». Notamment un gars qui s’est fait prendre, et qui à tout simplement proposer de payer la dette extérieur colombienne contre sa libération. Oui, ces gens là font un négoce assez fructifiant. Le gramme de cocaïne coûte ici moins de 5€, en France c’est plutôt 70€.
Les paramilitaires sont plus ou moins soutenus par l’Etat pour lutter contre les Farcs. Sont plutôt soutenus, encouragés, financés, et félicités. Ils mettent de l’« ordre » dans les zones qu’ils gèrent. Par exemple, dans des zones civiles, ils punissent les vols, parfois par la mort. Les Farcs apparemment sont plus radicaux, ils pillent et ne laissent le choix à personne. Les paras eux, apparemment, payent ce dont ils ont besoin, mais ne font pas de détails s’ils ont un doute. Ils font le sal boulot que l’Etat ne peut pas faire ouvertement.
A la base les Farcs sont une branche armée politique du style cubaine et Che Guevara (Fuerças Armadas Revolutionarias Colombianas). Ils me paraissaient plutôt sympathiques, mais en discutant avec les gens, j’entends qu’ils ne font rien de bien. A la base il défendait les droits des paysans et du peuple. Mais, ils se sont enlisés, on trouvé des fonds dans les transactions de cocaïne, et les enlèvements. Afin, c’est ce que l’on dit.
A mon « grand » regret, je n’ai pas encore rencontré de sympathisant. Il est vrai que je traîne dans la haute sphère, mais je côtoie aussi tous les milieux. Je ne savais pas trop comment aborder le sujet, mais finalement c’est assez ouvert. Je ne sens pas de censure à parler guérilla et politique. Des gens critiquent également Uribe, et rien ne se fait de façon caché. On ne s’implique pas trop quand même. J’y vais molo.
Je suis par principe anti-Bush, et donc assez suspicieux de la politique d’Uribe. Celui-ci, on le sait est manipulé par les américains. La Colombie accueil l’ambassade US la plus importante à l’étranger, c’est là qu’ils ont les plus de GI. (J’écarte l’Irak évidemment). Mais les américains ne veulent pas engager de combat dans la jungle depuis le Vietnam (source GI). C’est pour ça qu’ils ne font « que » du renseignement, s’entrainent et arment les colombiens. C’est eux qui ont donnés les coordonnées de Raul Reyes, … et peut être donné l’ordre.
La situation avec l’Equateur et le Venezuela a été tendue. Les américains n’attendaient qu’un faux pas de la part de Chavez pour protéger les colombiens, et … prendre le pétrole vénézuélien. Les exportations ont été par ailleurs suspendues en direction des USA il y a peu.
La Colombie est pleine de richesses, dont du pétrole qui pars aux USA. Les colombiens consomment en grande masse les produits US, comme les voitures, qui sont largement taxées, les boissons, la TV, et mille autres choses que j’oublie. La société colombienne est marquée de culture US, et sa politique aussi. Il y a un problème qui se pose avec les volontés du prochain président US.
Mais je ne vais pas nier les avancées notables au niveau de la sécurité.
San Vicente de Chucurrí, d’où je reviens, été une zone Farc. Aujourd’hui, bien que l’on m’ait repéré à 300 milles, il ne s’est rien passé. La zone est maintenant sur, et tout va bien.
Le plus craint été les enlèvements, mais aussi les réquisitions, et le chantage. Joaquin, le gérant de l’entrepôt de café à Bucaramanga a reçu un coup de fil il y a quelques années. C’était un gradé para qui lui demandé une « collaboration ». Il a mis la pression durant quelques mois, en disant que CCA pouvait entreposer des armes. Joaquin n’a pas paru désemparé et ne s’est apparemment pas fait influencé. Quand on dit « collaboration », c’est que l’on demande des millions de pesos, en sous-entendant une menace physique éventuelle. A force de palabres, le para a arrêté d’appelé et la situation est redevenue normal. Oui la situation a été tendue, mais c’est maintenant du passé. Un passé proche je vous l’accorde. Tout n’est pas résolu, mais ça va.
Aujourd’hui les seuls signes d’insécurité, sont les signes de prévention. Par exemple il est assez rare de croiser une voiture garée dans la rue comme en Europe. Toutes les voitures sont mises au parking, c’est plus sûr. J’ai vu parfois les gardiens équipés de perches avec un miroir afin de vérifier s’il n’y a pas de bombes dissimulées sous les voitures. Quand on rentre dans un établissement (bars, restos, bureaux…) on est généralement fouillé afin que l’on ne puisse pas entrer avec une arme. Certaines enseignes sont équipées d’un détecteur portable, ou d’un portique, sinon c’est la fouille au corps (légère tout de même). On peut prendre un taxi « à la volée » n’importe où dans la rue, mais les gens limites cette façon et préfère appeler un taxi. Beaucoup de maison sont référencées par une compagnie de taxi. Par exemple on compose le 1, et ça appel un taxi directement. Dès que l’on rentre dans le taxi, on transmet un code qui est envoyé à la centrale. Et en plus, le gardien, le portier, ou autre (même un ami) prends systématiquement la planque d’immatriculation de la voiture. Tous les motards portent en évidence le numéro de la planque sur un gilet obligatoire, ainsi que sur le casque. La nuit les itinéraires changent, afin d’emprunter des rues plus sûres. Il n’y a pas spécialement de policiers partout, et ils ne sont pas lourdement armés. Certaines entreprises et maisons sont bien gardées, mais sans plus. La sécurité dans les aéroports est assez ridicule. Les gens sont soucieux de la sécurité et font le nécessaire pour éviter un risque. Malgré les précautions, l’ensemble est sûr.
J’oubliais: ne vous attendez pas à revoir Ingrid.