C'est dix degrés plus à l'ouest que la flotte de la rue du Lot se présente de nouveau au passage de la ligne... Le peloton de tête comprend les enragés du réglage, ceux qui passent le plus clair de leur temps à éplucher Météofrance, U-Grib et autres prophètes des turbulences éoliennes. Entre Cluzel, vrai baroudeur des océans reconverti solitaire virtuel, Gauhar, régatière féroce et monomaniaque, et BrigandNC, bizuth familial qui veut mériter ses galons de midship, la lutte est intense et le suspense haletant : tout laisse à penser que c'est l'un des trois qui arrachera le trophée du YCL.
Mais il faut compter encore sur la deuxième bordée, menée maintenant par un outsider, Kikg33, qui avait longtemps fait bord-à-bord avec Mumonline, avant que celle-ci reste KO dans un remous et se retrouve dans le peloton des cousins avec MPJ, Los Charros, Petit Punch, et Toot. Quelque part dans leur ouest, il y a aussi Clement V et La Birgande, qui cherchent sur les plages brésiliennes un vent qui n'est pas forcément au rendez-vous. Et un peu plus dans leur Sud, c'est Tikopia et Grognard (toujours masqué) qui prennent à pleins bras la remontée de l'Atlantique Sud, après avoir gagné comme les autres le droit à porter l'anneau du cap-hornier.
Derrière, encore dans le Pacifique, il y a les rêveurs, les poêtes et les aventuriers : WereWolf est allé voir les glaces du Sud en se moquant de la validation des portes anti-glaces (nous racontera-t-il les paysages bleu lunaire et le fracas des effrondrements dans la mer?) et du coup il arrive au Horn avant d'autres qui se sont montrés, eux, plus respectueux des règles de route ; et puis MonNuage.com, HockeyPlayer et SuperJeannot, apprentis voileux mais néanmoins enthousiastes participants, sont coachés avec placidité par Valdel'Indre, lequel pourrait en remontrer en bouteille au premier nommé Cluzel...
Enfin, défiant les sarcasmes du clan des Xavier et entamant vaillamment le Pacifique, ThePolo, arrivé tard dans la course mais grand bienvenu dans la flotte. C'est qu'il en faut de la persévérance, de la passion et du plaisir pour accompagner pendant plus de trois mois par l'imaginaire les marins réels qui ont bouclé un vrai tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale. Nos petits déboires restent dérisoires face aux drames des tempêtes et de la casse des grands monocoques. Eux nous font rêver, vraiment.
Les vrais seront arrivés bien avant nous. Mais notre fête sera aussi belle, quelque part autour d'un vin pétillant, et nous aurons aussi quelques bonnes blagues à raconter... Et pour l'instant, champagne encore pour que Neptune donne à tous des conditions favorables.